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Voilà deux femmes qui par leur façon d'être et de penser ont marqué une époque dont les femmes d'aujourd'hui sont héritières.

Vous les connaissez ?

George SAND

Écrivain française, née à Paris en 1804 et morte à Nohant en 1876. Amandine Aurore Lucie Dupin adopte le nom de George Sand pour pouvoir être mieux acceptée comme écrivain.

Vêtue en homme, fumant la pipe, affichant ses convictions républicaines, dédiée tout entière à la littérature, George Sand étonne un 19 è siècle bourgeois et conservateur qui tient les femmes à l'écart. C´est un scandale pour ses contemporains qui ne comprennent pas son comportement. Son cœur s'enflamme pour Musset puis pour Chopin, mais l'amitié, soutenue par sa volumineuse Correspondance, tient une place au moins aussi essentielle dans sa vie. Balzac, Flaubert, Dumas fils, Alfred de Musset, Delacroix, Théophile Gautier, Jules Sandeau …la considèrent comme leur égale et se retrouvent dans sa demeure de Nohant. Ses romans – Lélia, La Mare au diable, La Petite Fadette ou François le Champi – sont d'immenses succès. Elle a fondé avec Pierre Leroux une revue progressiste, la revue indépendante en 1841.Ses écrits politiques et ses articles de journaux en faveur du peuple et des libertés font scandale, une femme hors du commun.)

Portrait de George. Sand

( Delacroix)

 
 

 

« La cause n'est pas autre, selon moi, que celle-ci : une portion de l'humanité a l'esprit trop libre, l'autre l'a trop enchaîné. Vous chercherez en vain des formes politiques et sociales, il vous faut, avant tout, des hommes nouveaux. Cette génération-ci est malade jusqu'à la moelle des os. Après un essai de république où le but véritable, au point de départ, était de chercher à rétablir, autant que possible, l'égalité dans les conditions, on a dû reconnaître qu'il ne suffisait pas de rendre les citoyens égaux devant la loi. Je me hasarde même à penser qu'il n'eût pas suffi de les rendre égaux devant la fortune. Il eût fallu pouvoir les rendre égaux devant le sens de la vérité. »

par Elvira Gascón

George Sand, Histoire de ma vie ,(IV, 9)
   
             
Simone de BEAUVOIR

Née à Paris en 1908, elle a vivement réagi, dès l'adolescence, contre les idées et les traditions du milieu bourgeois d'où elle est issue. Sa rencontre avec Sartre fut l'événement capital de son existence. Frappée d'admiration pour une intelligence qu'elle reconnaît supérieure à la sienne, elle devient sa compagne. Agrégée de philosophie, elle quitte l'Université en 1943.

Son public cherche moins dans ses œuvres une œuvre d'art qu'un témoignage et une réflexion. Elle s'est toujours attachée à mettre en forme son expérience. Dans ses premiers romans, Simone de Beauvoir a illustré les problèmes posés par l'existentialisme: liberté, engagement, responsabilité de l'homme envers son prochain, ...

 

Sa carrière littéraire commence avec L'Invitée (1943), roman qui renouvelle le thème éternel de la jalousie. Elle dessine une nouvelle image de la femme, empreinte de lucidité, d'énergie et d'âpreté.

Cependant, elle est reconnue dans le monde entier grâce á son essai publié en 1949 Le deuxième sexe , livre phare dans la défense du féminisme. Rarement un livre écrit par une femme sur les femmes aura suscité tant de débats passionnés. Cet essai prétendait répondre à la question: qu'est-ce qu'une femme? L'auteur montre les problèmes de la femme et toutes les affirmations proférées depuis des siècles. Elle met à bas les murailles des préjugés et des tabous qui emprisonnaient les femmes dans une destinée figée.

La femme doit lutter contre le danger d'aliénation qui la guette en tout instant. Il y a de nombreux arguments qui démontrent l'inégalité des sexes: la division des tâches à la maison, la faible participation des femmes dans d'autres domaines comme le travail, la politique, ... Les plus hauts postes sont réservés aux hommes. Il existe toujours une inégalité qu'il faut corriger. Elle dénonce cette infériorité ressentie par les femmes et les invite à se libérer du joug du conditionnement historique forgé par les hommes à travers les idéologies, les religions, les littératures, ...

Simone de Beauvoir représente depuis cette date une référence pour toute celles et tous ceux qui militent en faveur de l'émancipation des femmes. C'est l'ouvrage de référence du mouvement féministe mondial.

Dans Mémoires d'une jeune fille rangée (1958), La Force de l'âge (1960), La Force des choses (1963), elle évoque, avec la plus grande franchise, le climat de son enfance, elle décrit sa crise intérieure, ses expériences, ses voyages, ses travaux, montrant les personnages et les milieux qu'elle a fréquentés. Dans Les mandarins , Prix Goncourt 1954, elle manifeste une inépuisable curiosité, un amour passionné pour la vie. Pourtant, les dernières pages de La Force des choses sont empreintes d'une mélancolie provoquée par l'approche de la vieillesse: " Je revois les promesses dont j'affolais mon cœur quand je contemplais cette mine d'or à mes pieds, toute une vie à vivre".

Philosophe, militante, écrivaine, chroniqueuse, Simone de Beauvoir a exercé son métier d'intellectuelle de multiples façons. Exemplaire pour les uns, scandaleuse pour les autres, elle a défendu ses engagements jusque dans sa vie privée. Son nom reste attaché au courant existentialiste.

Simone de Beauvoir est décédée à l'âge de 78 ans laissant dans son ouvrage les éléments fondateurs du mouvement féministe. Elle est enterrée près de Jean Paul Sartre au cimetière Montparnasse, à Paris.

Citations

•  " On ne naît pas une femme, on le devient ". ( Le deuxième sexe )

•  " C'est par le travail que la femme a en grande parti franchi la distance qui la séparait du mâle; c'est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète " . ( Le deuxième sexe)

•  " Comment mésurer la souffrance et la joie?Peut-on comparer le poids d'une larme au poids d'une goutte de sang? ". ( Les bouches inutiles )

•  Clarice: Et comment s'aime-t-on sur la terre?

Jean Pierre: On lutte ensemble . ( Les bouches inutiles )

•  " Dans toutes les larmes s'attarde un espoir ". ( Les Mandarins )

•  " Choisir la vie, c'est toujours choisir l'avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu'une moisissure à la surface de la terre ". ( Les bouches inutiles )

par Concepción Santiago